Ce soir j'ai un gros coup de blues, un gros coup de " j'en peux plus, j'en ai marre ". J'ai envie de pleurer et je n'y arrive pas... Cela fait quelques années maintenant que je ne travaille plus, depuis mars 1992 pour être précise, et là, vraiment d'un coup j'en souffre..
Je ne sais pas pourquoi, peut-être le fait que quelques amies qui étaient dans le même cas que moi se soient inscrites à l'anpe, une même a retrouvé du travail... Pour certains, je n'ai qu'un neurone et demi et c'est pour ça que je ne travaille pas, je dois être trop nulle pour que l'on veuille bien de moi... Pour d'autres, nous sommes pétés de tunes vu que j'ai le bonheur d'avoir acheté une grande maison, et donc je suis infréquentable.. pour d'autres, je ne travaille pas donc on est des pauvres et c'est le total mépris...
Mon problème, c'est que finalement je suis dans une catégorie inclassable, à part, les femmes au foyer...
alors l'idée me trotte de retourner bosser, non pas par plaisir, pas par envie, juste pour être comme tout le monde... J'étais analyste programmeur, les horaires ne sont pas fixes dans ce genre de travail, et donc quand chéri a été muté, et que nous avons eu le bonheur de voir naitre notre premier enfant, puis le second, je n'ai pas eu le coeur de les mettre en nourrice, en me disant que je ne les verrais pas beaucoup... J'avais donc choisi de prendre un congé parental et donc à ce moment là, c'était simple, je rentrais dans la case que tout le monde connaissait, la maman qui fait une pause boulot pour s'occuper de ses enfants...
Ce dont je souffre le plus finalement c'est le mépris, et l'idée que les gens puissent penser que je suis quelqu'un de bête...
Finalement plus j'y pense et plus j'aimerai trouver un travail d'emploi de bureau, ce que j'avais fait avant de trouver enfin dans ma formation... A l'époque, je rêvais de carrière, de bien gagner ma vie, comme une revanche vis à vis de mes parents, qui avaient refusé de me payer des études apres le bac, sous prétexte que je n'étais qu'une fille et que les filles, ça sert qu'à faire des momes et du ménage... c'est pour ça que de boulot merdique en boulot merdique, j'avais fait cette formation, qui m'avait mise au niveau bac + 2 . Ou alors un travail dans l'informatique comme pupitreur ou autre, mais plus analyste programmeur, le pied serait un mi-temps.
Bref en ce moment, j'ai le moral dans les chaussettes, que je ne porte pas encore ;-))
Ce que je rêve là, tout de suite, c'est une X ième mutation, vendre ma maison, chercher une autre ailleurs, changer ma vie, repartir et recommencer ailleurs... Cela fait 8 ans que nous sommes ici, et je crois que c'est un record niveau faire des cartons ou en défaire ;-)) ( emménagement avec chéri en 1983, puis déménagement en 1986 - 1990- 1992 - 1993 - 1999 ) D'un autre côté, je me dis que les ados sont tous les deux au collège en 3 ème et 5ème, fifille en CM 1 et que ce sera dur de rencontrer des gens...et pour l'insant chéri lui, ne veut pas être muté, il se plait ici.
Bien sur, en plus je téléphone à des copines qui sont absentes, j'envoie des mails à des copines qui ne répondent pas, alors je me dis que leur vie doit être bien plus passionnante que la mienne, et parfois je me mets même à rêver de quand je bossais, que je rentrais fatiguée apres avoir répondu toute la journée au téléphone un jour de panne de l'ordi, après avoir bu une tonne de café et fumé un maximum de cigarettes... j'crois que je suis dingue pour avoir envie de nouveau de vivre une vie comme ça, surtout que les ordinateurs sur lesquels je bossais sont à la casse depuis longtemps et que ce n'est vraiment plus possible que je refasse ce boulot là ... Et puis en 15 ans à la maison, on perd son assurance, sa confiance en soi, certains jours j'ai même l'impression de n'être rien, et il suffit parfois d'une réflexion désagréable pour que j'ai envie de tuer la fille en face qui me la fait...
Voila les réflexions d'une petite femme au foyer, qui a un gros gros coup de déprime ce soir... Finalement ce qui a déclenché tout cela, c'est de faire envoyer paître par quelqu'un en plus qu'on n'apprécie pas, donc que ce qu'il vous a dit, n'a aucune importance fondamentale.
.Il y a 5 ans, mon frère nous quittait à 36 ans, dans un accident domestique, électrocuté. C'était mon unique frère, et je culpabilise toujours de ne pas avoir plus parlé avec lui, et je me retrouve toute seule avec mes parents qui ne sont plus en très bonne santé.
Demain est un autre jour, j'aurais certainement plus la pêche, et puis le club de point de croix recommence la semaine prochaine, et je reprends l'encadrement en octobre...